Santé périnatale : la France tendrait-elle à améliorer son mauvais classement ?

17/06/13

Nombre alarmant de césariennes en France
En trente ans, le nombre de césariennes pratiquées en France a doublé. Concernant 10,9 % des naissances en 1981, la césarienne est aujourd’hui pratiquée dans plus de 20 % des cas.
La raison principale serait purement financière. D'une part, "T2A", pour “tarification à l’activité”, c’est le mode de financement actuel des hôpitaux, qui instaure un cadre unique de facturation et de paiement des activités hospitalières. Plus simplement, avant la réforme hospitalière de 2007, chaque service d’hôpital recevait une enveloppe financière globale pour l’année. Depuis, les hôpitaux – publics comme privés – reçoivent, pour chaque acte hospitalier accompli, un paiement. Son montant est fixé par l’Assurance maladie. Or, il s’avère que certains actes sont mieux remboursés et donc plus rentables que d’autres. D'autre part,  les hôpitaux sont aujourd’hui soumis à des conditions financières et les pressions administratives sont réelles.
L'autre raison pourrait être une question de confort pour le praticien qui est assuré d'avoir toute son équipe pour un accouchement par césarienne programmé.
Santé périnatale : la France de plus en plus mal classée
Pour Patrick Pelloux, médecin urgentiste, les conséquences de ce nombre croissant de césarienne sont même très graves : “La France est passée de la 7e à la 21e place en termes de santé périnatale. On est de plus en plus mauvais..."
Paul Cesbron est gynécologue obstétricien et ancien chef de service de la maternité de l’hôpital de Creil. Pour lui aussi, le recours abusif à la césarienne est dangereux : “On sait que la césarienne multiplie par trois la mortalité pour la mère et augmente les risques de stérilité et d’accidents pour l’avenir. Elle augmente également l’implantation anormale du placenta, ce qui est un risque mortel.”
Accouchements trop médicalisés : la péridurale

Le taux de péridurale a lui aussi considérablement augmenté. On peut accorder que l'anesthésie du bas du corps est un progrès indéniable, qui permet  de diminuer la douleur lorsque les femmes sont en très grande souffrance. Cependant, lorsque l'on regarde le taux d'accouchement sous péridurale dans les maternités, on constate que 25 maternités en France ont pratiqué en 2011 entre 95% et 100% d'accouchements sous péridurale. Le taux de péridurale en France se situe entre 60-70% alors qu'il ne représente que 15% des accouchements aux Pays-Bas par exemple. Il y a encore un travail d'information et de respect qui doit être mené, pour que chaque femme puisse "choisir".

Dans un rapport sur l’Assurance maladie publié le 22 juin 2010, l’Académie nationale de médecine indiquait : “Nous sommes confrontés au fait que le recours aux soins s’est peu à peu transformé en consommation médicale, et le patient en usager..."
Que dit l'OMS ?
Selon l'Organisation Mondiale pour la Santé : "Le vrai défi que doivent relever les professionnels de santé, quel que soit le milieu dans lequel ils exercent, est d'apporter aux femmes des informations non biaisées sur lesquelles baser leur choix de position pour l'accouchement, et des conseils sur la façon de préparer l'accouchement dans la position choisie. La formation de certains prestataires de soins pour aider les femmes à accoucher dans différentes positions pourrait être nécessaire. La création, au sein d'un système de santé, d'une culture encourageant la liberté de choix des femmes en matière de position d'accouchement, constituerait un vrai défi."
Que fait la France en 2013 ?
Plusieurs revendications ont été faites en France notamment par les sages-femmes, les futures parents et parents afin de donner des informations précises et complètes aux futures mamans sur les positions d'accouchements qui existent, les façons de se préparer à l'accouchement... J'ai déjà abordé, dans un précédent billet, le rassemblement pour le Droit de choisir son accouchement, auquel j'étais présente le 16 mai dernier à Rennes.
Jeudi dernier, le 13 juin 2013, le Sénat vient d’adopter la proposition de loi autorisant l’expérimentation des maisons de naissance !
Le texte de loi prévoit que le gouvernement pourra autoriser, à titre expérimental et pour cinq ans, le fonctionnement de maisons de naissance. Dans ces structures autonomes adossées à des maternités, des sages-femmes assurent un accompagnement global et personnalisé de la femme enceinte et du couple, pour des grossesses sans complication, dans des conditions moins médicalisées que dans une unité d’obstétrique classique. Le suivi s’effectue de la première visite prénatale jusqu’aux soins post-partum. Chaque maison de naissance devra signer une convention avec une maternité, qui organisera le transfert vers une équipe médicale en cas de complication, au cours de la grossesse ou au moment de l’accouchement. La proposition de loi devrait être présentée à l’Assemblée nationale à l’automne prochain.
Les maisons de naissances existent déjà dans de nombreux pays, tel qu'aux États-Unis, au Québec, en Allemagne, en Suisse... Elles feront l'objet d'un nouveau billet.
Un pas en avant pour le défi lancé par l'OMS aux professionnels de santé...

 Sources : Lyon Capitale, Journal des Femmes, alternatives.be, OMS, Le quotidien du médecin


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