L’allaitement maternel
Dossier santé & nutrition

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L’allaitement a de nombreux effets bénéfiques sur la santé de l’enfant à court et long terme, et sur la santé de sa mère. Malgré une augmentation récente, la prévalence et la durée de l’allaitement en France sont parmi les plus faibles d’Europe, alors que les femmes expriment clairement leur souhait d’allaiter plus souvent et plus longtemps, sans pour autant renoncer à leur carrière professionnelle.

Allaiter son enfant est un choix personnel qui se décide généralement pendant la grossesse. Cela nécessite de s’y préparer, de s’informer. Les cours de préparation à l’accouchement permettent d’obtenir de précieuses informations. Il existe aussi des associations qui abordent le thème du maternage et de l’allaitement. Elles écoutent et aident les futures et nouvelles mamans sur d’éventuels interrogations et difficultés rencontrés par les mamans allaitantes. Vous trouverez sur la page partenaires d’Informations aux parents des sites qui peuvent vous intéresser.

N’hésitez pas à lire les « conseils pour un allaitement sans embûche » et les « avantages de l’allaitement maternel ».


Dossier PNNS :

Le PNNS, Programme National Nutrition Santé 2011-2015, publié très récemment, a pour objectif général d’améliorer l’état de santé de l’ensemble de la population, en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs, la nutrition.
Ainsi, « promouvoir l’allaitement maternel » est l’une des mesures définit afin d’améliorer les pratiques alimentaires et les apports nutritionnels, notamment chez les populations à risque.

Voici l’extrait de la mesure adoptée par le PNNS en 2011 concernant la promotion de l’allaitement maternel :

L’allaitement est une pratique intime, liée à l’histoire et à la culture de chaque société, dont la décision revient à chaque femme. C’est une pratique dont les bénéfices pour la santé de l’enfant allaité et de sa mère à court, moyen et long terme, ont été scientifiquement démontrés. La décision d’allaiter est un choix individuel qui tient compte du savoir, de la disponibilité, des traditions, des moyens et des représentations de chaque femme.

ACTION

13. Mettre en œuvre des mesures issues du plan d’action allaitement pour :
(13.1) communiquer, informer et sensibiliser les mères sur les modes d’alimentation du nouveau-né, en intégrant un regard objectif sur l’allaitement maternel (en bénéfices comme en conditions à réunir) pour permettre un véritable choix éclairé ;
(13.2) s’assurer que les services de maternité offrent effectivement aux femmes le droit à l’information personnalisée et objective permettant ce choix. Les établissements réunissant ces conditions doivent l’inscrire dans le processus de certification.


En amont, propositions faites en automne 2010 :

Vous trouverez ci-dessous un extrait du rapport « Propositions pour le PNNS 2011-2015 des sociétés savantes et d’experts nutrition » d’automne 2010, que j’ai trouvé très intéressant et complet.

Les travaux sur le futur Programme National Nutrition Santé (PNNS) avancent…
Pendant six mois trente-et-une Sociétés Savantes et d’Experts en Nutrition ont travaillé afin d’élaborer des propositions pour le Plan National Nutrition Santé 2011-2015.

Le lait maternel est l’aliment naturel du nourrisson. L’allaitement maternel est une pratique intime, dont la décision est de la responsabilité de chaque femme, une pratique à replacer dans l’histoire et la culture de chaque société. C’est aussi une question de santé publique, à la lumière des bénéfices pour la santé de l’enfant allaité et de sa mère, à court, moyen et long terme.

Bénéfices de l’allaitement

L’allaitement a de nombreux effets bénéfiques, qui dépendent du degré d’exclusivité de l’allaitement et de sa durée, et ont été analysés dans des méta-analyses récentes.
L’allaitement est associé chez le nourrisson à un moindre risque de diarrhées aiguës, d’otites aiguës et d’infections respiratoires sévères. Il est également associé à une diminution du risque d’asthme et d’eczéma pendant les 2-3 premières années de la vie chez les enfants à risque d’allergie, et à une diminution du risque d’obésité et de surpoids, de diabète de type 1 et 2, de maladie coeliaque, de maladies inflammatoires du tube digestif, et de mort inattendue du nourrisson. Chez les prématurés, l’alimentation par le lait de femme est associée à un moindre risque d’infections néo-natales et d’entérocolite ulcéro-nécrosante.
Chez la mère, l’allaitement est associé à une diminution de l’incidence du cancer du sein avant la ménopause et du cancer de l’ovaire, du diabète de type 2, de dépression du post-partum, et du risque de pathologies métaboliques et cardio-vasculaires.
Les contre-indications de l’allaitement sont très rares, dominées par l’infection maternelle par le VIH. Très peu de médicaments sont incompatibles avec la poursuite de l'allaitement.

Recommandations nationales et internationales

Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) datent de 2002 :
« Le nourrisson doit être exclusivement nourri au sein pendant les 6 premiers mois de la vie : c’est là une recommandation générale de santé publique. Par la suite, en fonction de l’évolution de ses besoins nutritionnels, le nourrisson doit recevoir des aliments complémentaires sûrs et adéquats du point de vue nutritionnel, tout en continuant d’être allaité jusqu’à l’âge de 2 ans ou plus ». La Société européenne de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatriques (ESPGHAN) recommande un allaitement exclusif d’une durée de 6 mois idéalement, et au minimum de 4 mois.
Au niveau national, la promotion de l’allaitement maternel fait partie des objectifs spécifiques du PNNS. L’allaitement exclusif est recommandé pendant les 6 premiers mois de vie de l’enfant par la HAS (2002), la Société française de pédiatrie (SFP) et l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA). L’allaitement est également recommandé par le Collège national des sages-femmes et le Collège national des gynécologuesobstétriciens français.

Impact économique de l’allaitement

En France, le surcoût lié à l’achat du lait artificiel et aux dépenses supplémentaires en soins médicaux et en pharmacie consécutives au non-allaitement est estimé à 500 € pour un nourrisson pendant les 6 premiers mois. Ceci est d’autant plus significatif que la prévalence de l’allaitement est particulièrement faible dans les populations défavorisées.
Au Royaume-Uni, une analyse d’un programme de soutien à l’allaitement destiné à des populations en difficulté, estimait en 2007 que l’économie en dépenses de santé relative à la réduction de l’incidence de diarrhées aiguës, d’otites et d’infections respiratoires au cours de la 1re année de vie était de l’ordre de 300 £ par enfant en cas d’allaitement.
Aux Etats-Unis, une étude considérant les coûts directs relatifs au traitement des seuls cas de diarrhées aiguës, d’otites et d’entérocolites, concluait en 2001 qu’il serait possible de réduire les dépenses de santé de 3,6 milliards de dollars par an si les taux d’allaitement étaient de 75% à la maternité (contre 64% en pratique) et de 50 % à 6 mois (contre 29%).

Etat des lieux de l’allaitement en France

La proportion d’enfants allaités à la maternité a augmenté en France régulièrement, mais lentement, entre 1972 et 1981 : le taux était de 36% en 1972, 45,5% en 1976, 51,6% en 1995 et 52,5% en 1998. En 2003, date des dernières statistiques disponibles, la proportion d’enfants allaités en maternité était de 62,6 % (allaitement exclusif : 56,3% ; allaitement partiel : 6,3%). On notait des variations importantes entre les régions, avec des extrêmes de 43% en Picardie et 74 % en Région parisienne. Les femmes qui allaitent sont souvent plus âgées, primipares, étrangères, avec une profession qualifiée, ont accouché dans les maternités de grande taille et dans un centre hospitalier universitaire (CHU). La prévalence de l’allaitement augmente avec l’âge gestationnel de l’enfant et son poids à la naissance, mais diminue pour les enfants de 4 kilos ou plus.
En l’absence d’évaluation épidémiologique régulière, on ne dispose pas de données au niveau national sur la durée de l’allaitement. Celle-ci semble le plus souvent très courte : sa durée médiane a été estimée à 10 semaines en 1998, mais il existe également d’importantes disparités régionales.
Malgré l’augmentation récente, la prévalence de l’allaitement en France se situait parmi les plus faibles d’Europe au début des années 2000. Le taux d’initiation de l’allaitement en maternité variait de moins de 40% (Irlande) à plus de 95% (pays scandinaves). Quatorze pays (dont l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et la Suisse) avaient un taux supérieur à 90% et cinq pays (dont l’Espagne, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne) un taux de 70 à 90%.

Les déterminants de l’allaitement

De nombreux travaux de la littérature ont permis de préciser les facteurs ayant une association positive avec l’initiation et/ou la durée de l’allaitement.
Facteurs liés à la mère :
  1. mère plus âgée, mariée, primipare, d’un niveau de scolarité supérieur, socioéconomiquement plus favorisée
  2. avoir été allaitée, avoir vu allaiter, expérience positive d’allaitement
  3. grossesse planifiée, désir et intention prénatale d’allaiter, décision précoce, perception de facilité
  4. participation à des cours de préparation à la naissance
  5. confiance en soi, sentiment d’auto-efficacité
  6. absence de difficultés d’allaitement
  7. cohabitation mère-enfant 24h/24h à la maternité
Facteurs liés à l’enfant et à son état de santé : technique de succion correcte.
Facteurs liés à l’entourage :
  1. soutien du partenaire, partenaire favorable à l’allaitement
  2. soutien émotionnel de l’entourage
  3. soutien téléphonique des paires (autres femmes allaitantes ou ayant allaité)
Facteurs liés aux pratiques de soins et au système de santé :
  1. mise au sein précoce, tétées fréquentes, à la demande
  2. soutien de professionnels de santé formés
Facteurs liés aux politiques de santé :
  1. accès à un congé de maternité rémunéré prolongé
  2. initiative « Hôpital ami des bébés »
Parmi l’ensemble de facteurs précités, certains semblent d’une importance toute particulière pour l’initiation et la durée de l’allaitement :
  • la durée du congé de maternité
  • la reprise du travail
  • la prématurité
  • la précarité
  • l’initiative « Hôpital ami des bébés » (IHAB). »
Extrait de la Proposition n°11- Promotion de l’allaitement maternel
Rédacteur principal : Dominique Turck (SFP)



Pour conclure :

Le PNNS est un programme sérieux et appliqué qui a une importance que l’on ne se soupçonne pas pour nos enfants car la nutrition et la santé sont directement liées.

Ces recommandations, disons plutôt ces mesures, sont applicables dans de nombreux domaines. Nous avons bien sûr parlé ici de la promotion de l’allaitement maternel ; il est aussi question de la promotion du site www.mangerbouger.fr, de la promotion de l’activité physique, du développement de l’éducation à la nutrition en s’appuyant notamment sur les programmes scolaires, d’améliorer l’offre alimentaire en réduisant l’apport en sel par ex., de donner un repas équilibré et du plaisir aux jeunes en restauration collective…

Ces objectifs nutritionnels de santé publique et plus particulièrement les actions à mener sont donc résolument importants pour la santé des citoyens de notre pays.

Et la nutrition démarre par l’allaitement maternel…
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